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Avoir pour chef un juge

Comment diriger un peuple où chacun peut à loisir interpréter le texte ? Si nos rabbins ne sont pas investis du pouvoir sacré des prêtres, ils sont pourtant au sein de leur communauté pour enseigner, accompagner et juger.

© Klone, Ego death, 2019, Acrylic and Spraypaint on Canvas, 137,5×90 cm
Courtesy Hezi Cohen Gallery, Tel Aviv

Un regard juif sur le pouvoir temporel et spirituel

Les Catholiques ont leur pape, dont les bulles et les encycliques s’imposent à plus d’un milliard de fidèles. Ils ont leurs prêtres, investis du pouvoir de bénir, d’unir et même de pardonner au nom de Dieu. Juifs, qu’avons-nous de tel ? Rien, ni personne.

Pour en comprendre les raisons, voyons d’abord comment la Bible aborde le principe du pouvoir temporel. Une âme juive ne sait pas ce qu’est un homme providentiel. Vouloir un chef est un signe d’immaturité, qui se révèle dans toute son étendue quand le peuple supplie Samuel d’avoir un roi : « Il nous faut un roi ! Nous voulons être comme les autres peuples, nous aussi ; et notre roi (…) marchera à notre tête ! » 1. Samuel commence par s’opposer à cette exigence puérile : un peuple adulte n’a pas besoin de guide. Puis il cède, comme on baisse les bras devant un caprice. D’accord ; le peuple aura un roi, puisqu’il y tient. Mais ce roi ne devra jamais oublier les trois limites à l’intérieur desquelles s’exerce le pouvoir.

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