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“L’avenir de notre génération est garanti”

Jeune octogénaire, l’historien et militant de la mémoire Serge Klarsfeld dresse le bilan d’une génération, la sienne, et évoque l’avenir, entre sérénité et incertitudes. Selon lui, l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France n’a pas vocation à survivre à cette génération.

ENTRETIEN AVEC SERGE KLARSFELD

Y aura-t-il une suite aux fils et filles des déportés juifs en France ?

Non, il n’y en aura pas. Pourquoi? Bien sûr, cela ressemble à de l’orgueil de dire cela, mais nous sommes une génération, celle des enfants des gens touchés durement par la Shoah. Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, après lesquels la vie continue, et la vie continuera après nous. Nous sommes une génération irremplaçable, parce que, ensuite, personne n’aura souffert dans sa chair, dans ses sentiments, comme nous, de la disparition brutale et massive des siens pendant la Shoah. Ceux qui nous suivent n’auront pas eu l’expérience que nous avons eue de la Shoah, parce que chacun de nous l’a vécue lui-même, a été une cible, et donc ils n’auront pas à faire ce que nous avons fait, puisque nous avons fait l’essentiel, notre génération des orphelins, la génération qui, sans avoir perdu personne a vécu cette période, et la génération des rescapés des camps. Ces trois générations laissent un héritage extraordinaire parce que, 75 ans après la Shoah, on trouve, dans chaque pays d’Occident et dans chaque pays où a eu lieu la Shoah, un grand centre de documentation sur ce qui s’est passé.

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