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L’ILLUSION DU CHANGEMENT

Dans cent ans le monde subsistera encore en son entier : ce sera le même théâtre et les mêmes décorations, ce ne seront plus les mêmes acteurs. Tout ce qui se réjouit sur une grâce reçue, ou ce qui s’attriste et se désespère sur un refus, tous auront dis- paru de dessus la scène. Il s’avance déjà sur le théâtre d’autres hommes qui vont jouer dans une même pièce les mêmes rôles ; ils s’évanouiront à leur tour ; et ceux qui ne sont pas encore, un jour ne seront plus : de nouveaux acteurs ont pris leur place. » (La Bruyère)

Autrement dit, rien ne change. Ce qui était vrai au XVIIe siècle ne l’est pas moins aujourd’hui.
Le monde vibrionne et accélère, mais il fait du surplace. Les générations se succèdent, mais les erreurs sont identiques. La politique pratique l’alternance, mais les nouveaux entrants sont les anciens sortants. La littérature se renouvelle, mais les histoires sont les mêmes.

Du mécontemporain qui trouve que « c’était mieux avant » au progressiste en extase devant ses bons sentiments, le spectre immense des caractères a toujours été équitablement réparti à chaque époque. Rien de nouveau sous le soleil.

Ne plaignez pas trop le hamster dans sa roue ; il nous ressemble.

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