Shoah

  • Stéphanie Trouillard

LOUISE PIKOVSKY – “Si je reviens un jour”

LOUISE PIKOVSKY est déportée en même temps que ses parents, Barbe et Abraham, ses sœurs Annette et Lucie et son frère Jean. Depuis l’été 1942, elle entretient une correspondance avec une de ses professeures, Mademoiselle Malingrey. Ses lettres sont retrouvées des années plus tard dans le lycée parisien qu’elle avait fréquenté. Après des années de silence, les mots de la jeune Louise reprennent vie dans les couloirs de l’école où enseignants et élèves connaissent désormais l’histoire de leurs camarades d’antan déportés. La journaliste Stéphanie Trouillard réalise pour France 24, à partir de l’histoire de Louise et de ses lettres, un splendide webdocumentaire : “Si je reviens un jour”, ainsi qu’une bande dessinée avec Thibaut Lambert (parue em 2020 chez Des ronds dans l’O).

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  • Georges Mayer

Dora Bender – QUAND DES ÉLÈVES S’EMPARENT DE L’HISTOIRE DE LA SHOAH

DORA BENDER avait été confiée, comme ses frères Jacques et Jean et sa soeur Mina, à l’Union Générale des Israélites de France (UGIF) par ses parents. Le père, Josek Chaïm, est arrêté en mai 1941 au cours de la rafle du « billet vert » et transféré au camp de Pithiviers avant d’être déporté vers Auschwitz le 25 juin 1942 par le convoi n° 4. Il y meurt à l’âge de 41 ans. Jacques, Dora et Jean sont arrêtés en juillet 1944 au cours des rafles de la Gestapo dans les centres de l’UGIF à Paris et transférés à Drancy avec leur tante Tauba, ménagère au centre UGIF de Lamarck-Secrétan. Le 31 juillet 1944, Jacques, Dora et Jean sont déportés de Drancy-Bobigny par le convoi n° 77, l’un des derniers en direction d’Auschwitz-Birkenau. Ils font donc partie des dernières personnes à être déportées de France dans des wagons à bestiaux. Tous trois meurent à Auschwitz.*

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  • Alexandre Doulut & Sandrine Labeau

HERTZ GOTFRYD – L’ESPOIR DE LA ZONE LIBRE

HERTZ GOTFRYD quitte la Pologne pour la France en 1930, à l’âge de 29 ans. Il s’installe à Paris et, lorsqu’éclate la guerre, est incorporé à Auxerre. Recensé comme Juif à Paris après l’Armistice, il passe clandestinement en zone libre à la toute fin de l’année 1941. Assigné à résidence par le préfet du Lot-et-Garonne, il intègre les effectifs de l’usine Lafarge en juillet 1942. Épargné par deux rafles en août 1942 et février 1943, il finit par être arrêté le 9 septembre 1943 et interné au camp de Noé en dépit des protestations de son employeur (voir page 50). Après un passage par Martigues, il est transféré à Drancy en avril 1944, où il reste un mois avant sa déportation par le convoi 73 vers les pays baltes où il est assassiné.

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  • François Heilbronn

75 568 NOMS DES JUIFS DÉPORTÉS DE FRANCE ET, PARMI EUX, Ernest Heilbronn

ERNEST HEILBRONN a eu quatre enfants. À l’été 1941, il quitte Paris pour Grenoble. Lorsque les Allemands envahissent la zone italienne, il trouve refuge dans la ville thermale d’Uriage où il sera arrêté par des SS dirigés par Alois Brunner, en compagnie de son épouse et bientôt rejoint par sa fille Marcelle. Tous trois furent déportés par le convoi 69 vers Auschwitz et assassinés dès leur arrivée.
Son arrière-petit-fils, François Heilbronn, est aujourd’hui vice-président du Mémorial de la Shoah à Paris. Il nous raconte l’histoire d’un banquier en retraite, d’un patriote dont trois enfants furent d’authentiques héros de la Première guerre mondiale et dont l’un fut tué au combat en 1940, d’un homme rattrapé par les SS d’Alois Brunner et assassiné dans les chambres à gaz de Birkenau.

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