TENOU’A, C'EST UNE REVUE, DES ATELIERS ET DES ESPACES D'INTELLIGENCE COLLECTIVE QUI MOBILISENT TOUTES LES SENSIBILITÉS DU JUDAÏSME. ICI, ON QUESTIONNE, ON OSE, ON CRÉE.

  • Anne Robatel

“Si seulement nous sommes assez braves”

Le lendemain de la cérémonie d’inauguration de la présidence de Joe Biden, j’ai consacré un cours à la performance poétique présentée à cette occasion par Amanda Gorman, une jeune écrivaine africaine-américaine jusque là relativement inconnue de notre côté de l’Atlantique. Peu après cet événement, des polémiques ont éclaté en Europe au sujet de l’identité des personnes auxquelles il convenait de confier la traduction des poèmes de Gorman annoncée par plusieurs maisons d’édition. Afin d’échapper aux clivages imposés par les algorithmes des réseaux sociaux pour penser ce qui se jouait dans ces disputes, j’ai alors écrit un essai sur le poème d’Amanda Gorman qui constitue lui-même une forme de traduction. Libre et infidèle, cette traduction commence comme un commentaire de texte et se transforme progressivement en autre chose. Ecrire un texte qui se jouait des frontières discursives habituelles m’apparaissait comme la meilleure façon de rendre hommage au souffle de cette jeune femme, mais aussi à une tradition critique qui, sans être aussi flamboyante, est pourtant bien vaillante. Inspirée par Jane Austen, j’ai donc mobilisé ma raison et mes sentiments afin de faire vibrer, dans la langue française et à travers un imaginaire multiculturel, l’appel au courage par lequel Amanda Gorman a conclu son discours.

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Delphine Horvilleur lit Marie Vaislic

Marie Vaislic, née Rafalowicz, 14 ans lors de sa déportation
Déportée de Toulouse à Ravensbrück par le convoi no 81 le 30 juillet 1944

 

Marie naît le 11 juin 1930 à Toulouse.
Après avoir passé la guerre à se cacher avec ses parents, et alors que le Débarquement a déjà eu lieu, Marie, âgée de 14 ans est arrêtée sur dénonciation le 24 juillet 1944 à Toulouse.
Le 30 juillet 1944, elle est déportée dans le convoi 81 qui la conduit, le 9 août, à Ravensbrück. Elle y reste jusqu’en janvier 1945 où elle est évacuée à pieds puis en wagons découverts jusqu’au camp de Bergen-Belsen. Le camp est « ouvert » par les Britanniques le 15 avril 1945. Elle arrive à l’hôtel Lutetia à Paris à la fin du mois de mai puis regagne Toulouse. 

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