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Édito : Entre deux temps

L’édito du rabbin Delphine Horvilleur

Cette année, les fêtes tombent très tôt », entend-on répéter autour de nous, à l’approche du nouvel an juif. En ce début de mois de septembre, les solennités de Tishri coïncident avec les rentrées annuelles des uns et des autres. 
L’expression a de quoi laisser songeur : le propre du calendrier hébraïque est que les fêtes ne tombent ni tôt ni tard, mais toujours précisément à la même date. 
Rosh Hashana et Yom Kippour sont toujours commémorés aux premiers jours du mois de Tishri. La perception de leur variabilité n’est bien sûr que relative à l’autre calendrier de notre vie, le calendrier civil. Ce face à face entre deux calendriers nous invite à envisager les temps pluriels de nos vies, les temporalités multiples dans lesquelles nos existences se tissent et s’inscrivent. 

Nous naviguons ainsi toujours dans un entre-deux temps qui n’est ni uniquement civil ni uniquement religieux. Le décalage s’installe parfois entre les temps institutionnels et les temps personnels de nos vies. Les dates conventionnelles et collectives ne correspondent pas toujours aux perceptions subjectives ou privées du temps qui passe. C’est ce que traduisent des expressions usuelles telles qu’être « en avance sur son temps », « en retard sur son époque » ou « ne pas faire son âge ». 

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