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Lacan et la voix du shofar

Quand, au moment le plus solennel des fêtes de Tishri, les fidèles entendront le son du shofar déchirer le silence de la synagogue, ils seront peut-être intéressés d’apprendre que des psychanalystes parmi les plus éminents ont été émus par ce son et ont cherché à en comprendre la raison. Intéressés parce que pour eux cette liturgie du shofar, dont ils pressentent l’importance, a tout de même quelque chose d’énigmatique. Les explications de Rashi, de Maïmonide ou des kabbalistes nous laissent, reconnaissons-le, sur notre faim. Écarter Satan? Allons donc ! Celui-ci a plus d’un tour dans son sac. Ce qu’ils entendent ressemble à une voix déchirante dont on ne sait de qui elle est, ni ce qu’elle dit. 

Le premier psychanalyste à s’intéresser au shofar fut un des élèves les plus proches et les plus doués de Freud, Théodore Reik, lequel écrivit aussi un essai sur le Kol Nidré. Reik fut le psychanalyste de la nostalgie quand celle-ci s’exprime par la musique. Il écrivit un joli livre « Fragments d’une grande confession » consacré à la belle symphonie Résurrection de Malher et au deuil qu’il devait faire après la mort de son analyste, Karl Abraham. Reik rapproche le shofar de certains instruments primitifs utilisés dans des cérémonies chamaniques. 

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