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Leadership et genre, N’est-ce qu’une affaire de sexe  ?

Les femmes seraient naturellement plus douces, moins brutales que les hommes, même lorsqu’elles deviennent cheffes ? Pas si simple, explique Ann-Gaëlle Attias. Peut-être la Torah nous permet-elle de chercher plutôt du côté du lien entre conquête du pouvoir et conquêtes sexuelles

© Halil Balabin & Merav Kamel, Anxious friend
engraving and mixed media on paper, 56 x 75 cm, 2018
Courtesy of the artist and Braverman Gallery, Tel Aviv

Lorsqu’elle évoque la nécessité d’un futur pouvoir politique pour Israël, la Torah semble fermer la porte au leadership féminin : « Tu mettras sur toi un roi que choisira l’Éternel, ton Dieu, tu prendras un roi du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te donner un étranger, qui ne soit pas ton frère »  (Deutéronome 17,15). L’idée d’une reine et de son prince consort semble exclue. Comme si une femme ne saurait prendre la voie ou faire entendre la voix de l’autorité.

Dans la Guemara Kiddoushin, des rabbins s’interrogent sur le genre du mot qui peut être traduit par voie, chemin, ou manière. Le mot se trouve dans la Torah, employé tantôt au féminin tantôt au masculin.

Dans leur makhloket, les rabbins expliquent que le genre du mot varie selon le contexte du verset où il figure : quand derekh se réfère au chemin de la Torah, il est mis au féminin mais quand il se rapporte à des sentiers comme le sentier de la guerre, alors il est mis au masculin car, nous dit-on, «comme c’est la manière d’un homme de faire la guerre et ce n’est pas la manière d’une femme de faire la guerre»

Il n’y aurait donc pas chez la femme d’instinct conquérant… Ni politiquement, ni sexuellement d’ailleurs.

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  • Antoine Strobel-Dahan
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