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MANGER LES MOTS

Paroles de Dieu en gélules. Transparence du contenant. Transparence de la vérité éthique. Dépassée la voix du shofar sinaïtique accompagnée de ses éclairs zébrant le ciel et de ses nuées fumantes. Depuis Jérémie, les paroles divines se prennent en comprimés ou en gélules, à avaler avec un grand verre d’eau (à jeun de préférence).
Torahpie nécessaire avant d’aller porter la parole médicamenteuse à un peuple en crise de foi. Deux gélules le matin, deux gélules le midi, deux gélules avant le coucher. « Pourquoi deux, docteur ? » Parce que « deux vaut mieux qu’un » (Ecclésiaste 4:9). Pourquoi les médicaments ou les macronutriments ne fraterniseraient pas durant leur voyage digestif? (Physiologiquement, ils fraternisent d’ailleurs). Et pourquoi trois fois par jour? Parce que chaque fois qu’on peut évoquer les patriarches, on le fait. Mémoire oblige! Les matriarches à la rescousse ! Stop à la religion machiste… OK ! D’où le total de six : Sarah, Rebecca, Rachel et Léa, sans oublier Zilpa et Bilha, malheureuses anonymes pourtant mères de quatre des douze tribus.
Florilège de gélules, petits rouleaux fermés sur eux-mêmes. Pas sefer Torah, mais principe actif dans une enveloppe végétale bio, pour éviter la gélatine d’origine porcine. Dieu envoie sa pharmacopée avec un humour kasher, ou alors c’est à y perdre son hébreu.

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