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Hélène Waysbord: La Chambre de Léonie

Confinée dans sa maison de Normandie, Hélène Waysbord entend à la radio ce conseil : profiter de cet enfermement pour lire ou relire À la recherche du temps perdu de Proust.
Elle le prend au mot et écrit, en même temps qu’elle lit, un texte par-dessus un autre texte, qui deviendra La Chambre de Léonie.
Hélène Waysbord, agrégée de lettres classiques, est d’abord enseignante avant de devenir haut fonctionnaire auprès notamment de François Mitterrand. En 2013, elle publiait le bouleversant L’amour sans visage (voir Tenou’a n° 152-153 Été-Automne 2013) dans lequel elle revenait sur son destin d’enfant cachée et sur la tragique disparition de ses parents, assassinés durant la Shoah.

Préface de Jean-Yves Tadié, Le Vistemboir, 2021, 19,90 €

ANTOINE STROBEL-DAHAN Votre premier livre, L’amour sans visage, parlait de votre histoire et de la Shoah, et non de littérature. C’est aussi lui qui a fait de vous une écrivaine. Ou l’étiez-vous déjà depuis longtemps, en gestation ?

HÉLÈNE WAYSBORD L’écriture de ce premier livre m’a demandé beaucoup d’années et a été un long cheminement vers quelque chose d’effacé parce que trop douloureux, la disparition de mes parents durant la guerre, vécue comme un abandon tragique. J’ai toujours voulu écrire, c’était semble-t-il la seule solution pour moi. La disparition brutale avait été accompagnée de la seule parole d’une femme venue me chercher à l’école à la place de mon père « Tes parents sont partis en voyage ». Phrase inconcevable. il me fallait trouver les mots pour surmonter, pour accepter enfin la réalité. Si aberrant que cela paraisse, il y avait en moi une petite fille restée à la sortie de l’école attendant la venue du père. C’est seulement quand j’ai eu terminé L’amour sans visage que j’ai repris la correspondance de mon père durant les quelques mois où il fut prisonnier à Beaune-la-Rolande, que j’ai relu ses lettres, que je les ai ressaisies à la machine et qu’elles ont été publiées.

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  • Fanny Arama

Christophe donner: La france goy

Dans La France goy, Christophe Donner reconstitue le milieu interlope de la presse antisémite de la fin du XIXe siècle. Son arrière-grand-père Henri Gosset, dont il a retrouvé la correspondance, débarque à Paris à dix-sept ans, dans les années 1890. Ambitionnant de devenir kinésithérapeute, il se rend au cours d’anthropologie zoologique de Mathias Duval et rencontre Léon Daudet, qui l’intrigue et qu’il admire. Gosset pénètre le milieu de son nouvel ami, enthousiasmé par sa rhétorique tonique.
Christophe Donner se concentre alors sur le destin singulier d’Édouard Drumont, depuis son enfance miséreuse jusqu’au triomphe de La France juive en 1886 et le lancement de son quotidien La Libre parole en 1892.
Le récit oscille entre roman réaliste, roman épistolaire et farce ubuesque, et dévoile les dessous d’une République bien bancale.

5 min. de lecture