À lire : “LES INSÉPARABLES, SIMONE VEIL ET SES SŒURS” par DOMINIQUE MISSIKA

LES INSÉPARABLES , SIMONE VEIL ET SES SŒURS
de DOMINIQUE MISSIKA
Seuil, 2018, 19 euros
et Le Livre de Poche, 7,40 euros

Tout le monde connaît Simone Veil, du moins tout le monde le croit. L’historienne Dominique Missika nous entraîne avec elle à la découverte de cette femme d’exception dont « L’histoire commence comme un conte de fées », disait Jean d’Ormesson en l’accueillant parmi les Immortels. « Il était une fois, sous le soleil du Midi, à Nice, une famille sereine et unie, à qui l’avenir promettait le bonheur et la paix. La suite est une tragédie. »

À Nice, Simone, qui s’appelle alors encore Simone Jacob, est la rebelle de sa fratrie, l’anxieuse aussi, celle qui perçoit avant les autres, longtemps avant son père, que ce qui se passe est dramatique. L’histoire lui donnera raison. Simone est déportée avec sa sœur Milou et sa mère Yvonne à Birkenau, en 1944. Sa sœur Denise, résistante, est déportée à Ravensbrück. Son frère Jean et son père André sont envoyés en Lituanie. La mère de Simone ne survivra pas à Bergen- Belsen où elles avaient été déplacées. Son frère et son père ne reviendront jamais de l’Est.

Dominique Missika accompagne avec tendresse la vie de ces trois sœurs inséparables après le retour des camps, cette vie déchirée qui reprend pourtant ses droits, au moins jusqu’à la mort accidentelle de Milou en 1952. C’est bien du retour que nous parle Dominique Missika, de ce temps d’avant le témoignage, où le silence et la honte dominent, où personne ne veut entendre les récits des revenants.

On sent chez l’auteure toute la délicate admiration pour ces sœurs qu’elle décrit comme pouvant se montrer dures mais jamais injustes. Après son très beau L’institutrice d’Izieu, consacré au parcours et aux combats de Gabrielle Perrier, Dominique Missika nous offre à nouveau de plonger dans l’intimité de l’Histoire, par un récit plus personnel de la vie de Simone Veil et de ses sœurs.