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L’I.A.va-t-elle tuer la créativité humaine ?

Walter Benjamin et Susan Sontag au secours du débat sur l’intelligence artificielle

© Oded Balilty, Hide and Seek, 2017, Archival Pigment Print, 111 x 128 cm Courtesy of Zemack Contemporary Art, Tel Aviv

Dans un article publié dans The Economist daté du 28 avril dernier, l’historien et philosophe israélien Yuval Noah Harari, enseignant à l’Université hébraïque de Jérusalem, estime que «l’intelligence artificielle a piraté le système d’exploitation de l’intelligence humaine». Pour Harari, «l’I.A. a acquis des capacités remarquables pour manipuler et produire du langage, par le texte, le son ou par l’image». Provocation ou prophétie ? Les robots peuvent-ils se substituer à la civilisation humaine, sa créativité et sa sensibilité ?

Pour répondre à cette question, nous proposons de regarder cette promesse de révolution du langage annoncée par l’I.A. par un détour par la photographie, art né au milieu du xixe siècle, longtemps contesté pour sa « reproductibilité technique », pour reprendre la formule de Walter Benjamin. La révolution numérique produit plus de 100 millions d’images par jour que l’I.A. est entraînée à reconnaître et à reproduire. Plus de 8 milliards de smartphones sont en circulation dans le monde. Tous les êtres humains (ou presque) ont donc dans leur poche un smartphone qui leur sert d’appareil photo.

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