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Porter le chapeau

Les Juifs ont développé une relation particulière au couvre-chef. Qu’il s’agisse de la kippa ou du Borsalino, de la perruque ou du foulard, Juifs et Juives, surtout orthodoxes, semblent partager le souci de ne pas se montrer la tête nue. Pourtant, ces couvre-chefs ne partagent ni la même symbolique, ni les mêmes implications sociales.

© Zoya Cherkassky, Untitled, 2020, markers and gouache on paper, 14 x 20,5 cm
Courtesy of the artist and Rosenfeld Gallery, Tel Aviv

Le couvre-chef le plus répandu, auquel se plie la majorité des juifs au moins lors des cérémonies religieuses, se porte comme symbole d’humilité et de crainte du ciel. Une étymologie, probablement fantaisiste mais pleine de sens, du terme yiddish pour désigner la kippa, la yarmulke serait ainsi l’expression araméenne yira malka, c’est-à-dire « la crainte du ciel ». On peut le voir comme une extension du couvre-chef que portaient les prêtres au Temple, exprimant symboliquement la conscience permanente d’une présence transcendante, nous poussant à réajuster continuellement notre conduite en ce bas monde. Ce couvre-chef qui a longtemps relevé de la coutume, fut intronisé par Rav Houna fils de Rav Yeho-shoua, dont le Talmud nous dit qu’il ne « marchait pas quatre coudées tête découverte, par égard envers la présence Divine ». Ce n’est que plus tard qu’il s’imposa comme une obligation au moment des prières, avant de s’étendre à tous les aspects de la vie au Moyen-Âge. Aujourd’hui, ce sont surtout les hommes qui portent la kippa, bien que de nombreuses autorités halakhiques estiment que les femmes (peu importe leur statut marital) aussi devraient porter un couvre-chef a minima lors des prières.

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